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Appareil auditif pour musique : le guide complet pour musiciens et mélomanes

1. Comprendre le défi : pourquoi la musique « pose problème » aux appareils auditifs

Choisir un appareil auditif musique ne consiste pas seulement à « amplifier plus fort ». La plupart des aides auditives modernes sont conçues pour optimiser la parole, pas la musique. Or, ces deux signaux sont très différents et ne se traitent pas de la même façon.

1.1. Différences fondamentales entre parole et musique (spectre, dynamique, harmoniques)

La parole :

  • Occupe surtout la bande 250 Hz – 6 000 Hz
  • A une dynamique relativement limitée (écart fort/faible)
  • Contient moins d’harmoniques riches et prolongées

La musique :

  • Peut couvrir de 20 Hz à plus de 15 000 Hz
  • Présente une dynamique très large (du pianissimo au fortissimo)
  • Repose sur les harmoniques et le timbre des instruments (cymbales, cordes, voix chantée, cuivres…)

Résultat : un appareil réglé pour la parole risque de déformer la musique en écrasant sa dynamique et en tronquant une partie du spectre.

1.2. Comment un appareil auditif moderne traite prioritairement la parole

Les algorithmes des aides auditives sont conçus pour :

  • Mettre en avant les fréquences de la parole
  • Réduire les bruits de fond (restauration, trafic, ventilation…)
  • Limiter les pics soudains (porte qui claque, verre qui tombe…)

Pour cela, l’appareil utilise :

  • Des compresseurs qui réduisent la dynamique
  • Des réductions de bruit agressives
  • Un anti-larsen très réactif

Sur la parole, c’est efficace. Sur la musique, ces traitements peuvent devenir contre-productifs.

1.3. Effets typiques sur la musique : compression, distorsion, son métallique, perte de profondeur

Avec un réglage « parole » appliqué à la musique, beaucoup de musiciens décrivent :

  • Un son compressé, plat, sans nuances
  • Une impression de distorsion sur les fortes
  • Un son métallique ou artificiel sur les aigus (cymbales, violons, voix aiguës)
  • Une perte de profondeur, de scène sonore et de réverbération naturelle

Ces effets ne viennent pas seulement de la perte auditive, mais bien de la façon dont l’appareil traite le signal musical.

1.4. Pourquoi un programme “Musique” doit être distinct du programme “Parole”

Pour retrouver un plaisir d’écoute, il est essentiel de disposer d’un programme “Musique” clairement distinct :

  • Compression moins agressive
  • Réduction de bruit très limitée
  • Anti-larsen adouci et plus lent
  • Bande passante la plus large possible

Ce programme permet d’approcher un rendu plus naturel, plus proche de ce que l’ingénieur du son ou l’acoustique de la salle produisent réellement.

2. Les critères techniques essentiels d’un bon appareil auditif pour la musique

Un bon appareil auditif pour la musique se reconnaît autant à ses capacités matérielles (micros, bande passante, limiteurs) qu’à la flexibilité de ses réglages. Voici les points clés à examiner avec votre audioprothésiste.

2.1. Large bande passante : retrouver les harmoniques et le timbre des instruments

2.1.1. Plage de fréquences idéale pour l’écoute musicale

Pour la musique, l’objectif est d’avoir une bande passante la plus large possible :

  • Graves : idéalement jusqu’à 50–100 Hz pour sentir la basse, la grosse caisse
  • Aigus : si possible au-delà de 8 000 Hz pour les harmoniques des cymbales, violons, nuances d’air dans la voix

Cela dépend du modèle, du type (RIC, intra, contour) et de la coupe acoustique (embouts ouverts/fermés).

2.1.2. Impact concret sur la qualité du son (cymbales, cordes, voix chantée, etc.)

Une bande passante trop limitée entraîne :

  • Des cymbales ternes ou absentes
  • Des cordes sans brillance, violons “voilés”
  • Une voix chantée moins aérienne, moins expressive

Une bonne extension fréquentielle permet de retrouver les harmoniques et donc la signature sonore de chaque instrument.

2.2. Linéarité et gestion de la dynamique : moins de compression, plus de nuances

2.2.1. Rôle du programme “Musique” dédié

Le programme musique doit viser une réponse la plus linéaire possible :

  • Moins de compression multibande qu’en mode parole
  • Courbes de gain plus douces pour préserver les nuances
  • Temps d’attaque et de relâchement plus lents pour éviter le pompage

On privilégie souvent une amplification plus simple, quitte à perdre un peu en confort de parole pour gagner beaucoup en qualité musicale.

2.2.2. Limiter la compression et la gestion des bruits impulsionnels

Les systèmes anti-bruits impulsionnels (portes, vaisselle, etc.) peuvent :

  • Écraser les transitoires des percussions
  • “Raser” les attaques de piano, batterie, guitare

En mode musique, il est recommandé de :

  • Réduire la force de ces algorithmes
  • Allonger les temps de réaction pour ne pas couper les attaques musicales

2.3. Anti-larsen : indispensable mais à paramétrer finement pour la musique

2.3.1. Risques de “pompage” sur les notes tenues

Un anti-larsen très agressif peut identifier à tort :

  • Une note tenue (voix lyrique, violon, orgue) comme un risque de larsen
  • Et la faire “onduler” ou pomper (variation de volume ou de tonalité)

C’est particulièrement gênant pour les musiciens classiques, chanteurs, guitaristes, organistes.

2.3.2. Réglages typiques en mode musique (anti-larsen adouci, adaptation plus lente)

En programme musique, on adopte généralement :

  • Un anti-larsen moins agressif
  • Une détection plus lente des larsens
  • Parfois une limitation maximale du gain dans certaines fréquences pour éviter le sifflement sans détruite le signal

L’objectif : équilibre entre sécurité (pas de sifflements en public) et naturalité du son.

2.4. Réduction de bruit : pourquoi elle doit être minimale en écoute musicale

2.4.1. Algorithmes conçus pour la parole, pas pour un mix complexe

Les algorithmes de réduction de bruit sont pensés pour :

  • Identifier la voix et “supprimer” le reste (machine, trafic…)

Sur un mix musical (instruments + voix + réverbération), ils ne savent pas distinguer :

  • La “musique utile” du “bruit inutile”

Ils risquent donc de détruire des éléments musicaux importants (sustain, reverb, fond d’orchestre).

2.4.2. Comment une réduction de bruit trop forte dégrade la restitution musicale

Une réduction de bruit poussée peut :

  • Rendre le son instable, qui “respire” de façon artificielle
  • Faire disparaître des détails (ambiance de salle, room, effet d’écho)
  • Donner une impression de musique “écrasée”, sans air autour des instruments

Pour la musique, on privilégie donc une réduction de bruit très faible, voire désactivée selon la situation.

2.5. Gestion des niveaux élevés : micros, limiteurs et saturation

2.5.1. Exigences spécifiques pour répétitions, concerts et studios

En répétition ou sur scène, les niveaux peuvent facilement dépasser :

  • 100–110 dB SPL, voire plus

L’appareil auditif doit :

  • Supporter ces niveaux sans saturer (micros, étage d’entrée)
  • Utiliser des limiteurs propres, qui ne déforment pas le signal

Certains modèles sont mieux adaptés aux fortes intensités, ce qui est crucial pour les batteurs, guitaristes rock, DJ, musiciens de scène.

2.5.2. Création d’un programme “Concert / Répète” avec tolérance SPL élevée

Un bon programme concert / répétition doit :

  • Autoriser un niveau d’entrée élevé avant limitation
  • Limiter de façon progressive plutôt que brutale
  • Éviter de “casser” le son quand le volume monte

Ce programme peut différer du programme musique “salon” ou “studio”, plus adapté à des niveaux modérés.

2.6. Possibilités de réglages fins : égalisation, programmes multiples, personnalisation

2.6.1. Réglages par bandes de fréquences et adaptation à la courbe audiométrique

Un appareil auditif musique performant doit permettre :

  • Des réglages par bandes de fréquences (grave, médium, aigu)
  • L’adaptation précise à votre courbe audiométrique
  • Des ajustements spécifiques pour chaque programme (parole, musique, scène…)

Cela permet par exemple de :

  • Réduire légèrement certains aigus agressifs
  • Redonner du grave à un bassiste ou batteur

2.6.2. Différents profils : parole, musique live, musique enregistrée, scène

Idéalement, vous pouvez disposer de plusieurs profils :

  • Parole / quotidien : optimisation de l’intelligibilité
  • Musique enregistrée : streaming, hi-fi, home-studio
  • Musique live : concerts, répétitions, scène
  • Éventuellement un profil instrument spécifique (piano, guitare acoustique, chant…)

Ces profils sont créés et affinés avec votre audioprothésiste, idéalement dans le cadre d’ajustements personnalisés prévus dès le départ.

3. Marques et technologies : quels appareils auditifs se distinguent pour la musique ?

Plusieurs grandes marques proposent aujourd’hui des programmes musique aboutis. L’important n’est pas seulement la marque, mais le réglage et l’adéquation à votre profil.

3.1. Panorama des grandes marques et de leurs atouts pour les musiciens

Les principaux fabricants reconnus pour leurs solutions adaptées à la musique sont :

  • Widex : très forte réputation sur la qualité sonore et la musique
  • Oticon : large bande passante, spatialisation naturelle
  • Phonak : grande polyvalence et connectivité
  • ReSound, Signia, Starkey : programmes musique efficaces, très dépendants du réglage

Dans tous les cas, un appareil auditif musique doit être ajusté spécifiquement par un professionnel sensibilisé à l’univers musical.

3.2. Widex : la référence historique pour la qualité sonore musicale

3.2.1. Plateformes récentes (ex. Widex Moment) et très faible latence

Widex est souvent cité comme référence par les musiciens pour :

  • Sa latence très faible (Widex Moment), importante pour le jeu en direct
  • Un traitement du signal orienté vers un son naturel et musical

Une faible latence évite les sensations d’écho ou de décalage gênant lorsqu’on joue d’un instrument ou que l’on chante.

3.2.2. Programmes musique avancés (live, studio, enregistrement)

Les plateformes Widex proposent souvent plusieurs profils musique :

  • Musique live
  • Studio / enregistrement
  • Possibilité de personnalisation fine selon le contexte

Ils sont pensés pour minimiser la compression et respecter la dynamique.

3.2.3. Retours fréquents des musiciens (timbre, naturel, dynamique)

Les retours d’utilisateurs musiciens évoquent :

  • Un timbre naturel
  • Une bonne restitution de la dynamique
  • Une impression générale de musicalité supérieure

3.3. Oticon : bande passante large et spatialisation pour l’écoute ambiante

3.3.1. Plateformes Oticon More / Real et technologie OpenSound

Oticon (gammes More, Real) se distingue par :

  • Une bande passante large appréciée en musique
  • La technologie OpenSound qui offre une scène sonore plus ouverte

Cela permet de mieux percevoir la spatialisation et l’ambiance, intéressant pour l’orchestre, la musique de chambre, les concerts.

3.3.2. Programme musique et perception de la scène sonore

Le programme musique Oticon est souvent apprécié pour :

  • Une restitution plus immersive
  • Une meilleure perception des sources dans l’espace

Particulièrement pertinent pour les musiciens d’ensemble, chefs, choristes.

3.4. Phonak : polyvalence, streaming et profils paramétrables pour musiciens

3.4.1. Gammes Paradise / Lumity et connectivité Bluetooth

Phonak (séries Paradise, Lumity) est très apprécié pour :

  • Sa connectivité Bluetooth large (smartphone, tablette, PC)
  • Le streaming direct de musique en haute qualité

C’est un atout fort pour les mélomanes qui écoutent beaucoup via des services de streaming (Spotify, Apple Music, etc.).

3.4.2. Création de profils musique personnalisés via l’audioprothésiste

Les plateformes Phonak offrent des possibilités de :

  • Créer plusieurs profils musique personnalisés
  • Ajuster compression, anti-larsen, réducteurs de bruit de manière fine

Très intéressant pour les musiciens polyvalents (rock, jazz, DJ, home-studio).

3.5. Resound, Signia, Starkey : programmes musique efficaces selon le réglage

3.5.1. Importance du paramétrage individuel sur ces plateformes

Les marques ReSound, Signia et Starkey proposent aussi :

  • Des programmes musique dédiés
  • Des possibilités de personnalisation avancée

La qualité finale dépend beaucoup :

  • Du profil audioprothésiste (expérience avec les musiciens)
  • Du temps consacré aux réglages successifs

3.5.2. Quand privilégier telle ou telle marque selon la pratique musicale

En fonction de votre pratique :

  • Classique / jazz acoustique : privilégier la naturalité, bande passante, spatialisation (Widex, Oticon…)
  • Rock / électro / DJ : gestion des niveaux élevés, connectivité, profils multiples (Phonak, Signia, ReSound…)
  • Chant / voix : attention à la latence et à la coloration de la voix (Widex, Oticon, Starkey…)

3.6. Pourquoi il n’existe pas “le meilleur” appareil universel pour la musique

3.6.1. Influence du type de perte auditive et du profil de musicien

Le “meilleur” appareil auditif musique dépend :

  • De votre type de perte (aigus, graves, pente abrupte, surdité profonde…)
  • De votre pratique (amateur, pro, instrument principal, style musical)
  • Des situations d’écoute (scène, studio, auditorium, hi-fi à domicile)

Ce qui est idéal pour un violoniste classique ne sera pas forcément optimal pour un batteur de rock ou un DJ.

3.6.2. Rôle décisif du professionnel dans la qualité finale du rendu musical

Plus que la marque, c’est souvent :

  • La compétence de l’audioprothésiste
  • Sa sensibilité musicale
  • Le temps accordé aux ajustements

…qui font la différence. Un même appareil peut être exemplaire ou très décevant selon le réglage. D’où l’intérêt de choisir un centre spécialisé dans les appareils auditifs haut de gamme à Paris, habitué à accompagner des profils exigeants comme les musiciens.

4. Bien se faire appareiller quand on est musicien ou mélomane

Pour réussir votre appareillage musical, il faut anticiper et bien préparer la collaboration avec votre spécialiste.

4.1. Choisir un audioprothésiste sensibilisé à la musique

4.1.1. Questions à poser pour vérifier son expérience avec les musiciens

Lors de la prise de rendez-vous, vous pouvez demander :

  • “Avez-vous l’habitude de suivre des musiciens ou des professionnels du son ?”
  • “Créez-vous régulièrement des programmes musique personnalisés ?”
  • “Êtes-vous prêt à faire plusieurs séances d’ajustement centrées sur la musique ?”

Ces questions permettent d’identifier un professionnel vraiment à l’aise avec ces demandes.

4.1.2. Préparer le rendez-vous : instrument, playlists, styles pratiqués

Pour optimiser la séance, il peut être utile d’apporter :

  • Votre instrument (si possible) ou quelques enregistrements de votre jeu
  • Une playlist de morceaux de référence (styles, formations, timbres variés)
  • Une description précise de vos contextes : scène, studio, répétition, écoute hi-fi, streaming

4.2. Demander au minimum deux programmes distincts

4.2.1. Programme “Parole / quotidien” : intelligibilité maximale

Le premier programme doit être dédié au quotidien :

  • Optimisé pour la parole en face-à-face et en groupe
  • Avec réduction de bruit efficace
  • Dirigé vers le confort en environnement bruyant

4.2.2. Programme “Musique” : compression réduite, bande passante large, réduction de bruit minimale

Le deuxième programme doit être explicitement étiqueté “Musique” :

  • Compression allégée
  • Bande passante volontairement élargie
  • Réduction de bruit et anti-larsen assouplis

C’est le programme que vous utiliserez pour écouter ou jouer de la musique.

4.3. Adapter l’appareillage à la pratique : solo, groupe, scène, studio

4.3.1. Programme “Live / Répète” pour les volumes sonores élevés

Si vous jouez :

  • En groupe amplifié
  • Sur scène
  • En répétition dans des lieux bruyants

Demandez un programme dédié “Live / Répète” :

  • Gestion des niveaux très élevés
  • Limiteurs configurés pour protéger sans massacrer le son

4.3.2. Quand envisager une combinaison avec protections auditives dédiées

Dans certains cas (rock, clubs, DJ, batterie), la combinaison :

  • Appareils auditifs + protections sur-mesure

Peut être envisagée, ou le recours à des in-ear monitors spécifiques. Cette stratégie se décide avec votre audioprothésiste et votre ORL.

4.4. Phase de test et d’ajustements successifs

4.4.1. Noter précisément les défauts perçus (trop d’aigus, graves manquants, distorsion…)

Pendant la phase d’essai :

  • Notez les morceaux, circonstances, ressentis précis :
  • “Cymbales trop agressives
  • “Manque de grave sur la basse”
  • “Sensation de distorsion au-dessus d’un certain volume”

Plus vos retours sont détaillés, plus le réglage pourra être efficace.

4.4.2. Ajuster gain, égalisation, anti-larsen et dynamique sur plusieurs séances

Prévoyez plusieurs séances de réglage pour :

  • Ajuster le gain par bandes
  • Modifier la compression dans certains registres
  • Affiner l’anti-larsen et la gestion des niveaux élevés

Le rendu musical optimal se construit souvent sur plusieurs semaines.

4.5. Exemples de réglages types selon les situations (classique, rock, DJ, home-studio)

Quelques grandes tendances (à personnaliser) :

  • Classique : compression minimale, anti-larsen doux, large bande passante, réducteurs de bruit très faibles
  • Rock / métal : gestion rigoureuse des niveaux élevés, limiteurs bien réglés, léger focus sur les médiums
  • DJ / électro : tolérance aux basses élevées, bonne définition des aigus, protection sur la durée
  • Home-studio : latence minimale, rendu le plus neutre possible pour mixer et juger les timbres

5. Solutions complémentaires pour améliorer l’écoute de la musique

Un appareil auditif musique peut être complété par d’autres solutions pour optimiser le confort et la protection.

5.1. Associer appareils auditifs et casques / écoute à domicile

5.1.1. Streaming direct via Bluetooth : avantages et limites

Avec les appareils récents, le streaming Bluetooth permet :

  • D’envoyer la musique directement dans les aides auditives
  • Avec moins d’influence de l’acoustique de la pièce

Limites :

  • Qualité dépendante du codec utilisé
  • Réglage de balance fréquences parfois nécessaire pour un rendu musical agréable

5.1.2. Utilisation d’un casque au-dessus des appareils : précautions anti-larsen

Si vous utilisez un casque par-dessus vos appareils :

  • Préférez un casque circum-aural fermé pour limiter les fuites
  • Attention au risque de larsen si le volume est élevé et l’embout trop ouvert
  • Demandez un réglage adapté à cette configuration à votre audioprothésiste

5.2. Protections auditives sur-mesure pour musiciens

5.2.1. Bouchons moulés avec filtres linéaires (ER15, ER25, etc.)

Les protections moulées pour musiciens (type ER15, ER25) offrent :

  • Une atténuation linéaire de l’ordre de 9 à 25 dB
  • Une préservation du spectre (moins de déformation des timbres)

5.2.2. Préserver l’équilibre fréquentiel tout en abaissant le volume global

Ces filtres sont idéaux pour :

  • Réduire le volume global sans trop changer l’équilibre grave/aigu
  • Jouer en orchestre, en groupe rock, ou dans des environnements très bruyants

5.2.3. Quand privilégier les protections par rapport à l’amplification

Dans certains cas de petite perte auditive ou de pratique très bruyante, il est parfois plus cohérent de :

  • Préférer des protections sur-mesure à l’amplification en direct

La décision se prend au cas par cas avec l’ORL et l’audioprothésiste.

5.3. In-ear monitors (IEM) et écoute de retour sur scène

5.3.1. Intérêt des IEM pour les professionnels appareillés

Les in-ear monitors (IEM) permettent :

  • Un contrôle précis du mix retour
  • Une meilleure protection en limitant le volume général sur scène

C’est une solution très appréciée des musiciens professionnels.

5.3.2. Configurations possibles : avec ou sans appareils auditifs

Plusieurs configurations existent :

  • IEM par-dessus les appareils auditifs (rare, mais possible selon la morphologie)
  • IEM à la place des aides auditives, avec un réglage de mix adapté à la perte

Ce choix dépend de votre perte, de votre confort et du type d’IEM.

5.3.3. Nécessité d’un avis combiné ORL + audioprothésiste

Avant de vous équiper en IEM, il est prudent de :

  • Consulter votre ORL
  • Travailler avec un audioprothésiste connaissant ces dispositifs

L’objectif est d’éviter tout risque supplémentaire pour votre audition.

5.4. Stratégies globales de protection de l’audition chez le musicien

5.4.1. Gestion des niveaux sonores et temps d’exposition

Au-delà du choix d’un appareil auditif musique, la gestion de l’exposition est clé :

  • Limiter le temps passé à des niveaux > 95–100 dB
  • Varier les positions sur scène ou en salle
  • Utiliser des protections lors des répétitions prolongées

5.4.2. Suivi audiologique régulier pour adapter l’équipement dans le temps

Un suivi régulier (ORL + audioprothésiste) permet :

  • De suivre l’évolution de la perte
  • D’ajuster les réglages musique en conséquence
  • D’envisager de nouvelles solutions techniques si besoin (changement de gamme, nouveaux programmes, IEM…)

6. Préparer son rendez-vous : check-list et questions clés à poser au spécialiste

Pour que votre projet d’appareil auditif musique soit une réussite, arrivez au rendez-vous avec une vision claire de vos besoins et des bonnes questions en tête.

6.1. Les informations à rassembler avant la consultation

6.1.1. Âge, historique médical, courbe audiométrique, type de pratique musicale

Notez ou rassemblez :

  • Votre âge et historique médical ORL (otites, acouphènes, traumatismes sonores…)
  • Vos audiogrammes récents si vous en avez
  • Votre instrument principal, niveau (amateur, pro), style (classique, rock, jazz, électro…)

6.1.2. Description des contextes d’écoute (concerts, répétitions, studio, streaming)

Listez vos contextes typiques :

  • Concerts (public, scène, orchestre…)
  • Répétitions (salle isolée, locaux de répétition, home-studio)
  • Écoute domestique (hi-fi, home-cinéma, streaming avec smartphone…)

6.2. Questions techniques à poser à l’ORL / audioprothésiste

6.2.1. Modèles et technologies adaptés à la courbe audiométrique et à la musique

Questions possibles :

  • “Quels modèles sont compatibles avec ma perte et ma pratique musicale ?”
  • “Quelle bande passante réelle puis-je espérer avec ce modèle ?”

6.2.2. Mise en place d’un programme musique : compression, réduction de bruit, anti-larsen, bande passante

Points à clarifier :

  • “Pouvez-vous créer un programme musique dédié avec :
  • – Compression réduite
  • – Réduction de bruit minimale
  • – Anti-larsen assoupli
  • – Bande passante la plus large possible ?”

6.2.3. Possibilité de tester plusieurs réglages musique et de comparer en situation réelle

Demandez :

  • “Est-il possible de tester plusieurs réglages musique (classique, rock, live…) et de revenir pour des ajustements ?”
  • “Pouvons-nous planifier un calendrier d’essais et de corrections sur quelques semaines ?”

6.3. Comprendre les limites de son appareillage pour la musique

6.3.1. Saturation possible, bande passante réelle, latence et dynamique maximale

Interrogez votre spécialiste sur :

  • Le niveau maximal avant saturation (concerts, batterie, clubs)
  • La bande passante utile compte tenu de votre embout et de votre perte
  • La latence globale, surtout si vous êtes chanteur ou instrumentiste exigeant

6.3.2. Quand envisager des solutions complémentaires (protections, IEM, changement de gamme)

Abordez aussi :

  • “Dans quels cas serait-il préférable de compléter avec des protections sur-mesure ou des IEM ?”
  • “À partir de quand un changement de gamme ou de technologie serait-il justifié ?”

6.4. Construire un “projet audio” global et évolutif

6.4.1. Appareils auditifs + réglages + protections + éventuels IEM

L’idéal est de penser votre équipement comme un ensemble cohérent :

  • Appareils auditifs adaptés à votre perte et à la musique
  • Programmes spécifiques (parole, musique live, musique enregistrée…)
  • Protections moulées pour les contextes les plus bruyants
  • Éventuels IEM pour la scène professionnelle

6.4.2. Réévaluation régulière en fonction de l’évolution de l’audition et de la pratique musicale

Votre audition et votre pratique musicale évoluent. Prévoyez :

  • Des bilans réguliers pour adapter le réglage
  • Des mises à jour ou changements de matériel lorsque cela devient pertinent

Pour passer à l’action, prenez rendez-vous avec un audioprothésiste habitué aux musiciens, apportez vos références musicales, expliquez votre pratique, et demandez explicitement la création d’un véritable programme “appareil auditif musique” adapté à votre profil. Si vous hésitez encore sur le moment idéal pour franchir le pas, commencez par vérifier les signes qu’il est temps de s’équiper d’un appareil auditif et, si besoin, planifiez un bilan auditif complet pour clarifier votre situation.

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